ADH

Programme d’Appui au Développement Humain en Mauritanie
Santé – Education – Egalité entre les sexes – Bonne gouvernance
Appuyer la réforme des secteurs sociaux de base (éducation et santé) afin d’améliorer l’offre, l’accessibilité et la qualité des services d’une manière équitable pour toute la population
Budget : 41.200.000 € dont 39.700.000 € financés par l’UE et 1.500.000 € financés par le Gouvernement Mauritanien
Durée : 60 mois

1. Informations générales
Zone(s) d’intervention (Wilayas) : Mauritanie
Pilier du consensus européen : Humanité

ODD : Réduire les inégalités

2. Résumé de l’action
Ce programme consacré au développement humain, traduit la volonté de l’UE et de la Mauritanie d’appuyer des réformes structurelles dans des secteurs clés comme la santé et l’éducation. Il contribue à la mise en oeuvre et est en stricte cohérence avec le programme indicatif pluriannuel 2021-2027 dans le domaine prioritaire 1 – Renforcement du développement humain visant les secteurs de la santé et de l’éducation de base. Il couvre une période de mise en oeuvre de 60 mois et représente un montant global de 41 200 000 EUR. Ce programme est le premier élément constitutif de la mise en oeuvre de l’Initiative Équipe Europe #1 Renforcement du développement humain.
L’objectif de ce programme est d’appuyer la réforme des secteurs sociaux de base (éducation et santé y compris nutrition) afin d’améliorer l’offre, l’accessibilité et la qualité des services d’une manière équitable pour toute la population.
En continuité avec des actions déjà en cours dans le secteur de la santé (11e FED), la composante « santé » vise à améliorer l’offre de soins par la mise en oeuvre du Plan national de Développement sanitaire (PNDS). Cet appui constitue une réponse à des besoins prioritaires de la population, surtout la plus défavorisée, besoins qui ont été exacerbés par la pandémie du COVID-19. Une approche pour la mise en place de Caisses Régionales de Solidarité Santé (CRESS) a été proposée par l’UE et est devenue un programme prioritaire du gouvernement (actuellement en phase de test dans deux régions). Des actions spécifiques complémentaires en appui au Plan national de Développement sanitaire seront mises en oeuvre sur base du récent travail avec la société civile pour la santé reproductive et la lutte contre les violences basées sur le genre.
La composante « éducation » vise à renforcer le système éducatif et à le rendre plus performant et équitable, en accompagnant sa réforme dans le cadre du nouveau Programme national de Développement du Système Éducatif (PNDSE III) pour lequel le processus de concertation a été lancé en juin 2021. Les résultats attendus se focaliseront sur l’amélioration de la qualité et la pertinence de l’enseignement, en particulier au travers de la réforme de la filière du manuel scolaire. L’appui fourni contribuera au renforcement de la formation des enseignants de manière à rendre efficiente la mise en oeuvre des programmes réformés et au renforcement du pilotage et de la gestion du système éducatif. Ceci ira de pair avec un soutien à la déconcentration des services et la mise en place de comités de gestion des écoles.
Un Contrat de Performance de Réforme Sectorielle (CPRS) pour le développement humain dans les secteurs éducation et santé permettra de créer des leviers pour alimenter un dialogue politique constructif et inclusif, comprenant les principales parties prenantes telles que le ministère des finances, les ministères sectoriels, la société civile et les autorités locales, afin de faire avancer les réformes.
L’objectif global (impact) de cette action est d’appuyer la réforme des secteurs sociaux de base (éducation et santé) afin d’améliorer l’offre, l’accessibilité et la qualité des services d’une manière équitable pour toute la population.

3. Objectifs et produits de l’action
Les objectifs spécifiques (résultats) de cette action sont:
A. Pour la composante santé : Améliorer et rendre plus équitable l’accès aux soins de santé de qualité pour toute la population, en particulier la plus vulnérable, en ligne avec la Politique Nationale de Santé (PNS) et pour atteindre la couverture santé universelle à l’horizon 2030 ;
B. Pour la composante éducation : Renforcer le système éducatif à travers l’appui à la mise en oeuvre de la politique nationale dans le secteur de l’éducation et de la réforme du système éducatif ;
Les produits de cette action contribuant aux objectifs spécifiques correspondants sont les suivants:
Contribuant à l’objectif spécifique 1 :
R1.1 Un système de couverture santé universelle (CSU) est développé et son financement assuré durablement ;
R1.2 La population dispose de services de santé accessibles et de qualité aux niveaux communautaire, primaire et secondaire (l’offre et l’accès aux soins de base) desservis par des ressources humaines de qualité et la gouvernance du secteur est améliorée ;
R1.3 Des médicaments et consommables essentiels de qualité sont disponibles à tous les niveaux selon les normes nationales.
Contribuant à l’objectif spécifique 2 :
R2.1 La qualité, la disponibilité et l’utilisation des manuels scolaires et les livres de lecture dans le système éducatif sont durablement augmentés pour renforcer/améliorer la qualité et la pertinence de l’enseignement;

4. Activités indicatives
À titre indicatif les activités suivantes seront réalisées :
A Composante Santé
Activités liées au résultat 1.1 (Financement par la demande de santé) :
Appui à la réalisation et suivi d’une stratégie de financement de la santé permettant la mise en oeuvre et le financement de la couverture santé universelle (CSU). Amélioration de l’élaboration des budgets et de leur utilisation en particulier au niveau périphérique. Le développement des modelés d’assurance maladie à l’échelle d’une (ou plus) région sanitaire (Wilayas, tels que le Brakna et Nouakchott Nord) par un système d’assurance maladie volontaire avec des mécanismes d’assistance sociale pour la population la plus démunie (indigents). Ces modèles permettront d’offrir un option d’assurance maladie à des groupes plus démunis comme les travailleurs du secteur informel et de façon générale à tous ceux qui pour des raisons financières ou bureaucratiques en sont aujourd’hui largement exclus et qui constituent la majorité de la population.

Activités liées au résultat 1.2 (Gouvernance de la santé) :
Renforcement des capacités du ministère de la santé aux niveaux central, régional et périphérique et dans une dynamique intersectorielle pour piloter, planifier, organiser, superviser et évaluer les actions en faveur de la santé, ainsi qu’appuyer des réformes organisationnelles du secteur. (Offre des soins) : Dans les zones de mise en place de l’assurance maladie, renforcement de la qualité de la prise en charge du couple mère-enfant y inclus y inclus la prévention et le traitement des effets néfastes des violences basées sur le genre, des soins des maladies transmissibles et non-transmissibles et de la prise en charge de la malnutrition. Renforcement des capacités de suivi/évaluation et supervision des Directions régionales de l’Action sanitaire et des Moughataas, renforcement des capacités du personnel de santé. (Ressources humaines en santé) : renforcement de la planification stratégique, la gestion prévisionnelle et le suivi évaluation des ressources humaines en santé aux niveaux central et régional, mise en place d’un système d’information global. Appui à la mise en place d’un système déconcentré de recrutement et la gestion des Ressources humaines en santé.

Activités liées au résultat 1.3 (Médicaments et consommables essentiels) :
Renforcement de la gouvernance du sous-secteur pharmaceutique et des structures sanitaires de la chaine d’approvisionnement, de la gestion des stocks, de la distribution, et de la gestion financière des médicaments essentiels et consommables aux niveaux de la Centrale d’Achat des Médicaments, Équipements et Consommables Médicaux (CAMEC) et des structures sanitaires. Appui au système de contrôle de qualité des médicaments, des intrants et des vaccins, et renforcement des capacités de la Direction Pharmaceutique et de Laboratoire et du service pharmaceutique de l’Inspection générale Santé.

B Composante Éducation
Activités liées au résultat 2.1 (Qualité de l’éducation) :
Appui à la formulation et suivi d’une nouvelle politique des manuels scolaires, incorporant le rôle du numérique : élaboration des programmes, planification et rédaction des manuels, processus d’approvisionnement, impression et distribution. Appui à la mise en oeuvre de cette politique y compris une stratégie de développement des capacités et de formation continue en vue de l’utilisation efficace des manuels dans la salle de classe. Mise en place de départements d’apprentissage (zones pilotes) avec actions de recherche-action par un approche double ancrage, déployée au niveau local pour permettre une rétro alimentation constante avec le niveau central sur l’effet des réformes. Cette approche permettra également d’identifier et aborder les problématiques liées à des groupes spécifiques telles que les filles, les migrants et les réfugiés. Il pourrait être envisagé également d’élaborer, de produire et de diffuser des livres pour les collèges de proximité et les écoles coraniques, ainsi que des livres de lecture nivelés.

Activités liées au résultat 2.2 (Gestion de l’éducation) :
Renforcement des capacités de la Direction-Générale de la Planification du MENRSE ; appui à la mise en place d’un module pour le suivi de la distribution et de l’utilisation des manuels scolaires et des livres de lecture dans le Système d’Information et de Gestion Éducative ; renforcement des capacités de la cellule d’évaluation à contrôler l’impact du programme sur l’apprentissage ; renforcement des capacités de l’Institut Pédagogique National (IPN), de l’Inspection Générale, de la Direction de l’Administration Financière. Appui à la révision de la structuration et du contenu des livres et à la conception des programmes de formation en lien entre autres avec le développement de compétences adaptées au marché du travail et à la transition écologique; à la mise en place d’une gestion transparente autour de la chaîne du livre, appui à la réforme des modes d’organisation des examens au niveau national.